COVID-19 : Les bactéries, dont prevotella, sont bien de la partie

Ce n’est plus un secret, le microbiote, cet univers peuplé de cent fois plus de bactéries que nous n’avons de cellules, est le maître de notre santé. Ce qui n’empêche pas d’incessantes découvertes de venir en préciser les contours. Une hypothèse audacieuse s’est frayée un chemin, comme quoi le virus SARS-COV-2 ne ferait que déclencher les hostilités, laissant aux bactéries le soin de finir le travail. Lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron a dit que, face au COVID-19, « toutes les pistes seront explorées. » Dans les faits, est-ce bien le cas ?

En bref :

  • Le microbiote des malades Covid est déséquilibré. Des études plus larges viennent d’être lancées pour déterminer la nature exacte du déséquilibre.
  • L’hyper-inflammation et la tempête de cytokines dépendent du microbiote et des muqueuses. Des marqueurs bactériens sont présents lors des complications de la maladie.
  • Malgré les accusations initiales de fake news, des chercheurs confirment la présence des bactéries Prevotella à plusieurs niveaux et insistent sur la nécessité de les étudier.
  • Avant même les complications respiratoires, le COVID-19 serait une maladie du sang. Des bactéries anaérobies, bloquant l’oxygénation du sang, seraient impliquées.
  • Les mécanismes de la maladie semblent dépendre d’interactions entre virus, bactéries et cellules, dont la nature reste à découvrir.

Le microbiote, maître de l’inflammation

La façon dont nous réagissons aux agressions est extrêmement dépendante de la composition du microbiote, c’est-à-dire des familles de bactéries présentes aussi bien dans l’intestin que sur toutes les muqueuses, y compris respiratoire. La médecine pasteurienne nous a donné cette habitude d’attribuer la cause d’une maladie à un microbe bien identifié, auquel nous pouvons opposer un traitement. Cette équation est de moins en moins vraie. C’est peut-être ce travers qui a causé une certaine précipitation sur la bactérie prevotella, qui correspond d’ailleurs à une famille beaucoup plus large. En fait, il n’y a pas les bonnes et les mauvaises bactéries, mais celles qui sont à leur place et celles qui ne le sont pas. C’est une question de nombre et de répartition. C’est justement ça qu’il est intéressant d’étudier : quelles familles bactériennes sont impliquées dans la maladie, de quel côté penche la balance afin de savoir comment la redresser. C’est ce que propose l’étude Covibiome, lancée récemment par l’AP-HP et qui va analyser le microbiote fécal de 300 malades du COVID. La médecine de terrain s’invite de manière pressante.

Les lipopolysaccharides (LPS) sont la clé de voûte entre l’inflammation, les différents microbiotes et les principaux symptômes du COVID-19. Les LPS sont des molécules présentes à la surface des bactéries gram négatif, elles participent au déclenchement de l’inflammation en stimulant la sécrétion de cytokines. Le LPS est reconnu comme le plus puissant médiateur microbien qui soit impliqué dans les chocs septiques.

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Dimitri Jacques

est psychonutritionniste libéral, journaliste scientifique et formateur en micronutrition. Élève du Pr Vincent Castronovo, il est l'auteur de plusieurs ouvrages de santé et se consacre à l'étude des relations entre esprit et biologie. Il est engagé auprès d'associations de prévention en santé mentale et de structures éducatives.

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