Etymologiquement, dépression signifie enfoncement. C’est être pris dans la spirale de la dépréciation de ses capacités. C’est un trouble de l’humeur caractérisé par une perte d’intérêt ou de plaisir, associée à plusieurs autres symptômes (troubles du sommeil, de l’appétit, fatigue, ralentissement ou agitation, dévalorisation/culpabilité, troubles de la concentration, idées de mort) présents presque tous les jours, non expliqués par une substance ou une affection médicale.
La dépression est vue comme le résultat d’interactions dynamiques entre vulnérabilités biologiques (génétiques, neurodéveloppementales, inflammatoires, endocriniennes), vulnérabilités psychologiques (cognitives, interpersonnelles, de personnalité) et contextes sociaux (traumatismes, adversité, statut socio‑économique, discrimination).
Au moins cinq de ces critères doivent être effectifs pour diagnostiquer une dépression : • Humeur dépressive, présente quasiment tous les jours et observée par les tiers • Perte d’intérêt ou de plaisir pour des activités jusqu’alors appréciées • Perte de l’estime de soi, sentiment de culpabilité • Perte ou prise de poids significative, diminution ou augmentation de l’appétit • Insomnie ou au contraire hypersomnie • Fatigue ou plus précisément asthénie • Agitation ou au contraire ralentissement psychomoteur • Diminution des capacités de réflexion, de l’aptitude à se concentrer • Pensées récurrentes de mort, idées suicidaires
👉 Ce n’est pas un état à prendre à la légère. Les risques d’aggravation, de chronicisation, de complications biologiques et psychologiques sont réels. Si vous entretenez des idées suicidaires, demandez de l’aide immédiatement.
Dans la dépression, des distorsions cognitives font tourner en boucle des pensées qui ne sont pas réalistes, c’est-à-dire que si nous les examinons consciemment une par une, elles apparaissent infondées. La priorité est donc de rééduquer la perception de soi et le système de pensées, d’où l’intérêt de l’approche cognitivo-comportementale et psychocorporelles.
Mécanismes et prédispositions biologiques
Stress chronique et dépression sont associés à des altérations de la neuroplasticité (capacité du cerveau à se restructurer) dans l’hippocampe et le cortex préfrontal, ce qui participe aux symptômes cognitifs et affectifs.
Une proportion de patients dépressifs présente une élévation de molécules pro‑inflammatoires, corrélées à la sévérité des symptômes et à la résistance thérapeutique. Cette inflammation perturbe la neurotransmission, la neuroplasticité et les circuits de la motivation. Dans certains cas, le microbiote, via l’axe intestin-cerveau, participe aux phénomènes inflammatoires, au dévoiement des précurseurs des neurotransmetteurs et finalement à une baisse significative de la sérotonine, contribuant aux troubles de l’humeur.
Par ailleurs, le système endocrinien peut montrer une activité insuffisante ou excessive, notamment via le métabolisme du cortisol, interagissant avec des facteurs génétiques, inflammatoires et cognitifs, influencés par les expériences de vie. Enfin, des maladies chroniques (notamment inflammatoires ou métaboliques) et des douleurs persistantes augmentent le risque de dépression.
Le burn-out : cousin de la dépression ?
C’est un syndrome d’épuisement professionnel, dans un contexte de surcharge de travail, perte de sens, conflits de valeurs et manque de reconnaissance, avec un sentiment d’inefficacité professionnelle. Fatigue, épuisement émotionnel, irritabilité, troubles du sommeil font partie des symptômes. Il existe là encore des facteurs et prédispositions de terrain tant biologique que psychologique.
Le burn-out est souvent vécu comme un point de rupture après une période prolongée de surmenage. C’est l’aboutissement d’une accumulation de stress n’ayant débouché sur aucune solution efficace, entraînant un épuisement biologique doublé d’un découragement psychologique. La personne peut encore éprouver du plaisir ou de l’engagement dans d’autres sphères (famille, loisirs).
En pratique, la frontière est poreuse : burn‑out et dépression peuvent coexister, se succéder ou se potentialiser. Le burn‑out sévère et non pris en charge peut évoluer vers un épisode dépressif majeur.
Approches d’accompagnement associées :
• Thérapie cognitive et comportementale
• Hypnose clinique
• Micronutrition

