COVID-19 : blinder son immunité et rester zen

Notre immunité, notre alimentation et notre niveau de stress devraient être notre première préoccupation, bien avant les spéculations vertigineuses sur la propagation du virus, sa virulence ou sa mortalité. La connaissance de la biologie et le respect des règles du vivant demeurent les premiers remparts face à la maladie.

Nous craignons les virus car nous ne disposons pas de traitements véritablement efficaces une fois infectés. La médecine conventionnelle n’a rien à proposer contre le COVID19, hormis limiter les symptômes une fois atteint. Notre capacité à faire face aux virus dépend donc de manière quasi-exclusive de nos mécanismes de défenses naturels : les barrières (intestinales et respiratoires principalement), l’immunité innée et l’immunité adaptative. Et c’est précisément ce bouclier naturel qu’il va falloir renforcer.

Pour être efficace, la réponse immunitaire doit être précise et mesurée. Dans le cas contraire, les dommages collatéraux peuvent être si importants qu’ils seront responsables de la mortalité bien davantage que l’action du virus lui-même. Dans la plupart des maladies, les symptômes résultent de l’activité du système immunitaire. La fièvre, l’inflammation, la douleur, ne sont pas causées par l’agent infectieux mais par le système immunitaire.

Micronutriments et antioxydants

Le bon fonctionnement du système immunitaire dépend directement du statut micronutritionnel de la personne, à savoir la présence en quantité suffisante de vitamines, minéraux, oligo-éléments, acides gras essentiels. Lorsque des gens meurent de la grippe, le premier responsable n’est pas le virus mais leur statut micronutritionnel. Des cellules qui reçoivent tout ce dont elles ont besoin pour faire leur travail sauront résister à la plupart des envahisseurs.

Lors d’une infection, notre organisme produit de nombreuses enzymes, qui sont des accélérateurs de réaction biochimique, pour neutraliser l’ennemi ou pour évacuer les cadavres. Cette activé enzymatique est très gourmande en vitamines C et D ainsi qu’en zinc. Le lien entre les infections à répétitions et des carences en ces nutriments est largement documenté.

Une des conséquences de la bataille est la libération d’une grande quantité de radicaux libres. Si nous manquons d’antioxydants pour en neutraliser les débordements, nos tissus risquent des dégâts importants. Les mitochondries, lieu de production d’énergie de nos cellules, sont fortement mises à l’épreuve. Nous devons donc apporter en prévention, et plus encore si nous sommes atteints, à la fois des antioxydants directs (polyphénols, caroténoïdes, lycopène) et des micronutriments mitochondriaux : vitamine A, C et E, B 1 à 5, sélénium, zinc, cuivre, coenzyme Q10, acide alpha-lipoïque. Ils doivent être apportés par une alimentation saine et équilibrée, dans laquelle les fruits et légumes frais ont la part belle. Mais si vous êtes fragiles ou si des analyses biologiques ont déjà montré un déficit, il faudra vous supplémenter.

Intestin et barrières naturelles

Le microbiote intestinal, avec ses cent mille milliards de bactéries, constitue le socle de notre immunité. Une répartition harmonieuse des différentes familles de bactéries qui le composent est la clé d’une réponse immunitaire adaptée. Nous savons aujourd’hui que les allergies (réponse immunitaire excessive), les états infectieux chroniques (réponse immunitaire insuffisante) et les maladies auto-immunes (réponse immunitaire imprécise qui se retourne contre soi) sont liés à un déséquilibre important du microbiote, appelé dysbiose.

L’excès d’inflammation est aussi la conséquence d’un microbiote perturbé. Le fait que notre système immunitaire ne réagisse ni trop ni trop peu dépend à la fois d’une présence suffisante des bactéries symbiotiques et d’une muqueuse intestinale en bon état, qui ne permette pas l’incursion d’éléments indésirables. Ceux parmi vous qui se savent fragiles au niveau intestinal ont donc tout intérêt à le soutenir. On pensera à la prise de probiotiques pour stimuler les bonnes bactéries, aux huiles essentielles pour diminuer certaines bactéries en excès, au curcuma pour renforcer l’étanchéité de la muqueuse et à la glutamine pour favoriser le renouvellement des cellules. Les muqueuses respiratoires en bénéficieront également, toutes les barrières naturelles étant interconnectées.

Se construire une armure immunitaire

• Probiotiques fortement dosés et avec des souches de qualité
• Zinc (oligo-élément indispensable à l’immunité)
• Vitamine D3 dosée à 2000 UI minimum
• Acide alpha-lipoïque (super-antioxydant qui régénère tous les autres antioxydants)
• Glutamine (favorise la multiplication des cellules immunitaires)
• Oméga-3 (Régule l’inflammation)

Du sport et l’esprit en paix

L’hypothalamus, aire du cerveau fortement impliquée dans la gestion des émotions, est relié à l’intestin par le nerf vague. Stimulé en excès, ce nerf montre un effet délétère sur la trophicité de la muqueuse intestinale. L’hyperperméabilité intestinale, porte ouverte à tous les désordres immunitaires, peut-être facilitée par un stress ou un débordement émotionnel.

Des chercheurs ont récemment découvert, à la surface des cellules immunitaires, des récepteurs spécifiques aux hormones du stress. La stimulation de ces récepteurs serait impliquée dans l’affaiblissement du système immunitaire en situation de stress psychologique. Notre organisme n’est pas conçu pour maintenir un état d’alerte continu. Par ailleurs, la peur bloque l’intelligence. Vous connaissez le stress incapacitant de l’examen, pendant lequel vous n’avez plus accès à vos ressources intellectuelles. Quel est l’impact sur notre cerveau du flot incessant de mauvaises nouvelles et d’informations anxiogènes diffusées par les grands médias ?

Toute pratique apaisante pour l’esprit comme pour le corps est bénéfique : méditation, pratique d’un art, sophrologie, yoga, qi gong, la liste est aussi longue que les besoins et aspirations de chacun. Le sport modéré, a fortiori au grand air, est également notre allié. Une activité physique régulière, en oxygénant l’organisme et en sélectionnant les mitochondries les plus performantes, renforce notre vitalité et nos défenses immunitaires.

Raison garder

Rappelons-nous que les pandémies virales se sont toujours arrêtées seules (avec ou sans vaccin) et n’ont pas éradiqué l’humanité. Les virus font partie de notre biotope, nous cohabitons avec eux depuis le début de l’espèce humaine. Ils ont leur utilité dans la nature, notamment comme facteur d’évolution des espèces. Les virus posent problème à partir du moment où nous ne sommes plus en harmonie avec ce biotope.

Les principales victimes des virus sont les personnes ayant une immunité insuffisante (personnes âgées, maladies immunodépressives, médicaments immunosuppresseurs chez les patients atteints de maladies autoimmunes…) Les personnes fortement carencées, avec une alimentation et une hygiène de vie profondément inadaptées, même non malades, restent des proies faciles. Pour le COVID19, les personnes atteintes de maladies respiratoires ou cardiaques sont particulièrement à surveiller.

Ne pas céder à la panique ou à l’hystérie collective ne veut pas dire qu’il ne faut pas se protéger. Faisons-le sérieusement et avec sérénité. Les professionnels de la médecine nutritionnelle et fonctionnelle sont là pour vous renseigner et vous accompagner. La correction précise des déséquilibres micronutritionnels et d’une éventuelle dysbiose intestinale vous aidera à construire une armure biologique efficace contre tout virus pathogène.

Dimitri Jacques

est psychonutritionniste libéral, journaliste scientifique et formateur en micronutrition. Élève du Pr Vincent Castronovo, il est l'auteur de plusieurs ouvrages de santé et se consacre à l'étude des relations entre esprit et biologie. Il est engagé auprès d'associations de prévention en santé mentale et de structures éducatives.