Dossier : Lyme, la maladie qui fait transpirer la médecine

Transmise par les tiques, la maladie est devenue particulièrement insidieuse, mettant en échec tant les méthodes de dépistage que les traitements conventionnels. Comment en sommes-nous arrivés là ? Lyme nous offre l’opportunité de sortir d’une vision obsolète des maladies infectieuses. Nous devrions apprendre à utiliser l’intelligence coopérative des microbes plutôt que chercher à les éradiquer.

La borréliose de Lyme est appelée la grande imitatrice tant elle reproduit les symptômes de nombreuses maladies différentes, ce qui retarde le diagnostic. Des patients peuvent être soupçonnés de fabuler et orientés vers un psy, pendant que d’autres sont baladés de spécialiste en spécialiste pour chaque symptôme. C’est la plus grande force de cette maladie : elle ne laisse pas de preuve de ses méfaits. Les examens médicaux sont rarement parlants.

La bactérie Borrelia est maître dans l’art de la tromperie. Une fois entrée dans l’organisme, elle cherche rapidement à se dissimuler, d’où les débuts généralement peu ou pas symptomatiques de la maladie. Sa structure en mèche de perceuse lui permet de traverser tous les tissus humains et de s’installer à peu près où elle veut. Vous pouvez rester longtemps porteur sain, puis basculer dans la pathologie des années plus tard, lors d’une modification des conditions biologiques.

Il est plus rassurant pour un médecin de déclarer son malade fou plutôt que reconnaître son ignorance au sujet de la maladie.

Professeur Christian Perronne

Des personnes ont été sorties de psychiatrie grâce à un test borrelia positif. Comme le jeune Yannick Schraen, dont le témoignage a fait l’objet d’un livre médiatisé. Souffrant le martyr en dépit d’examens médicaux normaux, on lui reproche de simuler la douleur et on l’enferme en hôpital psychiatrique où il restera près d’un an. Sa mère, infirmière, avait le souvenir d’une piqûre de tique antérieure avec érythème migrant. Elle est entrée en contact avec le Pr Christian Perronne, spécialiste reconnu de la maladie de Lyme, qui l’a traité avec (…)

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Au centre du débat, la persistance ou non de l’infection à Borrelia burgdorferi chez les patients ayant reçu les doses conventionnelles d’antibiotiques. Une telle persistance a déjà été démontrée chez les primates. Une équipe internationale de chercheurs annonce que cette persistance est à présent démontrée chez l’homme. Des découvertes inquiétantes, au regard des préconisations officielles actuelles. Selon les chercheurs, cette persistance pourrait s’expliquer par… [Lire la suite]

La maladie de Lyme est bien multimicrobienne

Une étude finlandaise, publiée dans Scientific Reports en octobre 2018 et passée inaperçue dans l’Hexagone, montre clairement le caractère multimicrobien de la maladie de Lyme. Sur un échantillon de 432 personnes pour lesquelles une borréliose était soit avérée, soit suspectée, on a recherché la présence de 20 microbes incluant virus, parasites et bactéries. Une majorité des tests se sont révélés… [Lire la suite]

Dimitri Jacques

est psychonutritionniste libéral, journaliste scientifique et formateur en micronutrition. Auteur de plusieurs ouvrages de santé, il se consacre à l'étude des relations entre esprit et biologie. Il est engagé auprès d'associations de prévention en santé mentale et de structures éducatives.

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