Obèse et dépressif

obeseChez tous ceux qui souffrent de leur relation avec la nourriture, manger équivaut à se remplir d’affection maternelle. La plupart d’entre eux ont connu dans la petite enfance une relation déficitaire avec leur mère, souvent mois en quantité qu’en qualité : soins automatiques, nourrissage inopportun, mère dans une position d’attente vis-à-vis de son enfant, voire dépendante de lui. Il en résulte une mauvaise constitution de la peau psychique, cette frontière entre le monde extérieur et le monde intérieur qui permet au sujet de se différencier et se sentir exister dans son milieu

On va donc rencontrer chez l’obèse un problème de séparation d’avec la mère, avec ce que cela emporte au niveau de l’autonomie. On retrouve fréquemment dans le tableau d’autres somatisations de la séparation comme l’eczéma, des structures de personnalité dépendantes, et bien sûr une fragilité psychologique qui peut conduire à la dépression

Inconsciemment, il se peut que sa mère attende de lui qu’il soit un enfant qui tienne la route, qui pèse dans le destin familial. Cette volonté le lie et le détache en même temps, car il lui est difficile de construire son expérience propre. Les enfants, en dépit de leur structure incomplète et dépendante, sont particulièrement sollicités et s’efforcent de répondre aux nombreuses attentes exprimées ou perçues. Ils sont amenés tôt à se questionner sur leur place dans la famille et leur rôle dans son fonctionnement. Cela génère beaucoup d’émotions qu’ils n’osent pas exprimer, ne perdons pas de vue qu’ils cherchent avant tout à être aimé

Des années plus tard, le sujet a peut être refoulé cela, mais l’enfant intérieur demeure et s’exprime par le corps. Le corps c’est l’identité, on peut comprendre que notre morphologie révèle la capacité de nos cellules à s’organiser en fonction des informations dont elles sont porteuses. Le corps ne fait qu’adopter un profil qui correspond à la logique d’occupation de l’espace du sujet. Il craint de se retrouver seul et sans moyens, sans constitution propre et suffisante, dans une société où il faut peser suffisamment pour être pris en compte, pour ne pas être emporté par les autres, et aussi où il faut avoir une certaine épaisseur pour se protéger du regard de l’autre sur cette incertitude, et pour amortir son agressivité.

Le poids devient lié à une identité fragile et incertaine dans son droit, toute réflexion sur le poids risque de venir remettre en question ce droit à être soi, et renforce la pensée inconsciente que l’individu n’a pas sa place dans la société, n’est pas assez crédible, et donc qu’il doit avoir davantage de poids.

L’état dépressif du sujet vient renforcer cette notion de doute sur sa place dans son milieu, entraînant la spirale de la dépréciation de soi, qui marque comme une culpabilisation de la somatisation. Cette chair qui a été faite pour ça n’est même pas capable de jouer son rôle, je suis constitué de quelque chose qui ne sert à rien, les autres n’ont pas besoin de tout ça pour réussir, mon corps me pèse, la vie me pèse.

Tant qu’un travail sur les émotions n’aura pas permis de les exprimer, l’énergie psychique dont elles sont porteuses continuera à se fixer dans le corps, et la nourriture demeurera le support des échanges affectifs avec le monde extérieur. La sophrologie aide à libérer la charge émotionnelle du corps et accueillir en retour ce à quoi il aspire. En effet, l’intention de faire quelque chose de positif n’a pas disparue chez le dépressif, il a simplement cessé de croire qu’il pouvait l’exprimer. Avec la sensation d’un mouvement permanent et non pas seulement de remplacement d’une chose par une autre, il s’agit de réamorcer la circulation de l’énergie dans sa notion même et de permettre au patient de prendre conscience de sa position d’acteur, à la fois émetteur et récepteur, et qu’il a tout pouvoir pour le faire.

Gardons à l’esprit que le patient garde beaucoup pour lui, n’exprime pas ses émotions et de fait s’accorde peu de place dans la vie, son corps fait donc ce à quoi la conscience ne peut se résoudre. A travers lui, c’est son enfant intérieur qui lui rappelle qu’il a besoin d’affection. Interroger cet enfant intérieur c’est donc commencer à faire sortir les émotions bloquées aux stades infantiles, et révéler la nature des schémas qui l’empêchent de les exprimer. En parallèle d’une psychothérapie, c’est un outil majeur.

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